Dans une approche "échange marchand", l'INSEE note que pour la Comptabilité Nationale (France), la consommation des ménages en produits télévisuels équivaut à la redevance ajoutée aux abonnements. Pour les économistes, la télévision privée financée par la publicité est un "bien intermédiaire" consommé par les entreprises ("La nouvelle économie et la mesure de la croissance du PIB", François Lequiller, INSEE, Février 2001). "Les vrais clients de la télévision sont les annonceurs" (Gilles Deleuze, Abécédaire, Lettre C : Culture). Toutefois, avec les nouvelles technologies, ce type de télévision a développé de nouveaux "services" marchands (SMS surtaxés), le téléspectateur renouant avec le rôle du consommateur final. Sollicité de toutes parts, abêti plus que stimulé, il devient une "bête de consommation" entrainée comme une bête de concours. Mouvement de fond, ce n'est pas l'unique apanage de la télévison. Comme un bras d'honneur, la déclaration de Patrick Le Lay repousse les limites de l'éthique un peu plus loin, ce qui renvoie au thème l'attribution des licences par le C.S.A. Les fréquences hertziennes terrestres sont des "biens publics rares". Cette vision du téléspectateur s'inscrit dans une approche caduque, mais partagée et convenue d'un homo œconomicus (travailleur-consommateur-citoyen(!?)-contribuable) empereur des 30 glorieuses. Le libéralisme industriel voudrait le prolonger, encore une fois au-delà de ses limites, tenant en joue une croissance économique mal indiquée. Dans quelle mesure pouvons nous à nouveau, être confrontés à un pénurie des biens de base? (Cf, Dominique Méda, Qu'est-ce que la richesse ?, 1999). En somme, un thème qui nous intéresse, "Société de l'information, des biens immatériels et projet de société". Crise des civilisations et informatisation (quelques éléments dans le rapport Nora-Minc, 1978). Qui peut penser une société "intelligente" ou de la connaissance ? Une société de flux, d'échange, de biens immatériels et du retour de la rareté (consommation durable)? Ce qui peut renvoyer aux modèles culturels "primitifs" et nomades. Et quels sont les industriels capables de porter des projets, dans un modèle économique adequat? Cette approche du téléspectateur-consommateur (...) renvoie à la crispation de l'entrepreneur en mal d'imagination et suiviste.